Courbes et symétries

Terminale — Rappel historique et méthodes de démonstration

◆ Bref aspect historique des fonctions

La notion de fonction en tant que correspondance entre deux types d'objet est relativement ancienne. Déjà dans l’antiquité, l’idée de fonction apparaît.


1630 : Viète crée le calcul littéral (« le calcul avec les lettres comme \(x\)... »).


1637 : René Descartes introduit le repère cartésien.


1658 : Pascal introduit le mot « ordonnée ».


1694 : Thomas Corneille (frère de Pierre) introduit le mot « abscisse ».


1694 : Leibniz introduit le mot « fonction ».


À cette époque, Jean Bernoulli écrit « X la fonction de \(x\) » à la place de notre notation actuelle \(f(x)\).


1734 : Euler propose la notation \(f(x)\) sous la forme \(fx\).

◆ Axe de symétrie d'une courbe

Soit une fonction \(f\) définie sur un ensemble \(D_f\), et \(C_f\) sa courbe dans un repère orthonormal.
On veut montrer que \(C_f\) admet la droite d'équation \(x=a\) comme axe de symétrie.

Idée géométrique : pour tout réel \(h\) tel que \(a-h\) et \(a+h\) appartiennent à \(D_f\), les points d'abscisses \(a-h\) et \(a+h\) doivent avoir la même ordonnée.

Les valeurs \(f(a+h)\) et \(f(a-h)\) se lisent sur le même niveau de l’axe des ordonnées.
*Montrer que \(D_f\) est symétrique par rapport à \(a\).
*Montrer que \(f(a+h)=f(a-h)\) pour tout réel \(h\) tel que \(a+h\) et \(a-h\) appartiennent à \(D_f\).

Exemple : démontrer un axe de symétrie

\(f\) est la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x)=x^2-6x+14\).
\(C_f\) est la courbe représentative de \(f\) dans un repère orthonormal \((O;\vec{i},\vec{j})\).
Montrer que \(C_f\) admet la droite d'équation \(x=3\) comme axe de symétrie.

Afficher / masquer la solution

* \(D_f=\mathbb{R}\) est évidemment symétrique par rapport à \(3\).
Autrement dit, pour tout réel \(h\), \(3-h\in D_f\) dès que \(3+h\in D_f\).


* Pour tout réel \(h\) tel que \(3+h\in D_f\) :
\(f(3+h)=(3+h)^2-6(3+h)+14\), soit après simplification \(f(3+h)=h^2+5\).

Pour tout réel \(h\) tel que \(3-h\in D_f\) :
\(f(3-h)=(3-h)^2-6(3-h)+14\), donc \(f(3-h)=h^2+5\).


Par conséquent, \(f(3+h)=f(3-h)\) pour tout réel \(h\) tel que \(3+h\) et \(3-h\) appartiennent à \(D_f\).

* On conclut que la courbe \(C_f\) admet la droite d'équation \(x=3\) comme axe de symétrie.

◆ Centre de symétrie d'une courbe

On dit que la courbe \(C_f\) admet le point \(A(a;b)\) comme centre de symétrie si, pour tout point \(M\) de la courbe, le point \(M'\) symétrique de \(M\) par rapport à \(A\) appartient aussi à \(C_f\).

Idée géométrique : deux points \(M(a-h;f(a-h))\) et \(N(a+h;f(a+h))\) sont symétriques par rapport à \(A(a;b)\) si \(A\) est le milieu du segment \([MN]\).

Si \(A(a;b)\) est centre de symétrie, alors \(f(a+h)+f(a-h)=2b\) pour tout \(h\).
*Montrer que \(D_f\) est symétrique par rapport à \(a\).
*Montrer que \(A(a;b)\) est le milieu du segment \([MN]\) : \[ \frac{f(a+h)+f(a-h)}2 = b \quad\text{ou}\quad f(a+h)+f(a-h)=2b. \]

Exemple : démontrer un centre de symétrie

\(f\) est la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x)=(x-2)^3+4\).
\(C_f\) est la courbe représentative de \(f\) dans un repère orthonormal \((O;\vec{i},\vec{j})\).
Montrer que \(C_f\) admet le point \(A(2;4)\) comme centre de symétrie.

Afficher / masquer la solution

* \(D_f=\mathbb{R}\) est évidemment symétrique par rapport à \(2\).
Autrement dit, pour tout réel \(h\), \(2-h\in D_f\) dès que \(2+h\in D_f\).


* Pour tout réel \(h\) tel que \(2+h\in D_f\) :
\(f(2+h)=(2+h-2)^3+4=h^3+4\).

Pour tout réel \(h\) tel que \(2-h\in D_f\) :
\(f(2-h)=(2-h-2)^3+4=-h^3+4\).


On a donc \(f(2+h)+f(2-h)=h^3+4-h^3+4=8=2\times4\).

* Pour tout réel \(h\) tel que \(2+h\) et \(2-h\) appartiennent à \(D_f\), \(f(2+h)+f(2-h)=2\times4=2b\).

On conclut que la courbe \(C_f\) admet le point \(A(2;4)\) comme centre de symétrie.