Calcul d'aire par la méthode des rectangles

Activités interactives de terminale — comprendre, encadrer, calculer, programmer.

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Vitesse et aire

L'aire sous le graphique vitesse/temps représente la distance parcourue.

Activité 1 – Vitesse constante

Q1. Forme géométrique

Quelle forme géométrique a la surface sous le graphique ?

La surface sous le graphique est un rectangle, de base = durée et de hauteur = vitesse.

Q2. Distance parcourue

Calculer la distance parcourue à \(30\) km/h pendant \(2\) h.

\[\text{distance} = 30 \times 2 = 60 \text{ km}\]

Q3. Lien avec l'aire

Pourquoi cette distance est-elle l'aire d'un rectangle ?

Base = durée (en h), hauteur = vitesse (en km/h).
Aire = base \(\times\) hauteur = durée \(\times\) vitesse = distance.

Activité 2 – Vitesse variable par morceaux

30 km/h pendant 30 min, puis 20 km/h pendant 20 min, puis 50 km/h pendant 10 min.

1er rectangle (30 min = 0,5 h)

\[30 \times 0{,}5 = 15 \text{ km}\]

2e rectangle (20 min = \(\frac{1}{3}\) h)

\[20 \times \frac{1}{3} = \frac{20}{3} \approx 6{,}67 \text{ km}\]

3e rectangle (10 min = \(\frac{1}{6}\) h)

\[50 \times \frac{1}{6} = \frac{50}{6} \approx 8{,}33 \text{ km}\]

Distance totale

\[30 \times \frac{1}{2} + 20 \times \frac{1}{3} + 50 \times \frac{1}{6} = 15 + \frac{20}{3} + \frac{25}{3} = 15 + 15 = 30 \text{ km}\]

Rectangles et hauteur \(f(x)\)

La hauteur du rectangle construit en \(x\) est exactement \(f(x)\).

Q1. Hauteur du rectangle

Si l'abscisse vaut \(x\), quelle est la hauteur du rectangle dont la base est sur l'axe des abscisses ?

La hauteur vaut \(\boldsymbol{f(x)}\). Le sommet supérieur du rectangle est sur la courbe \(\mathcal{C}_f\), donc son ordonnée est \(f(x)\).

Q2. Valeur de \(f(x)\)

Calculer \(f(x)\) pour l'abscisse affichée par le curseur.

Déplacer le curseur pour voir la valeur.

Q3. Aire du rectangle

Si la largeur vaut \(\dfrac{1}{n}\) et la hauteur \(f(x)\), quelle est l'aire du rectangle ?

\[\text{aire} = \frac{1}{n} \times f(x)\]

Q4. Aire du rectangle lorsque \(x=\dfrac{k}{n}\) pour \(f(x)=x^2\)

Pour \(f(x)=x^2\), si l'abscisse vaut \(\dfrac{k}{n}\) et la largeur de la base vaut \(\dfrac{1}{n}\), quelle est l'aire du rectangle \(r_k\) ?

La hauteur est \(f\!\left(\dfrac{k}{n}\right) = \left(\dfrac{k}{n}\right)^2 = \dfrac{k^2}{n^2}\).

\[\text{aire}(r_k) = \frac{1}{n} \times \frac{k^2}{n^2} = \frac{k^2}{n^3}\]

Encadrement

On divise \([0;1]\) en \(n\) intervalles d'amplitude \(\dfrac{1}{n}\) (\(n\in\mathbb{N}^*\)). Sur chaque intervalle \(\left[\dfrac{k}{n}\,;\,\dfrac{k+1}{n}\right]\) pour \(k\) de \(0\) à \(n-1\), on construit :

  • les rectangles rouges \(r_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k}{n}\right)\) (bord gauche),
  • les rectangles bleus \(T_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k+1}{n}\right)\) (bord droit).

On note \(u_n\) la somme des aires des rectangles rouges \(r_k\) et \(v_n\) la somme des aires des rectangles bleus

inférieurs rouges \((u_n)\) supérieurs bleus \((v_n)\)

Pourquoi \(u_n < A < v_n\) pour une fonction croissante ?

Sur chaque sous-intervalle \(\left[\dfrac{k}{n}\,;\,\dfrac{k+1}{n}\right]\), \(f\) croissante donne :

\[f\!\left(\frac{k}{n}\right) \leq f(x) \leq f\!\left(\frac{k+1}{n}\right)\]

En multipliant par \(\dfrac{1}{n}\) et en sommant sur \(k=0,\ldots,n-1\) :

\[u_n < A < v_n\]

Calcul de l'aire sous une courbe

Dans un repère orthonormal d'origine \(O\), \(\mathcal{C}_f\) est la courbe de \(f(x)=x^2\).

\(D\) est le domaine limité par \(\mathcal{C}_f\), l'axe des abscisses et les droites \(x=0\) et \(x=1\). On veut déterminer l'aire \(A\) (en u.a.) du domaine \(D\).

Préliminaire

Montrer que pour tout entier \(n\geq 1\) :

\[1^2+2^2+3^2+\cdots+n^2=\frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\]

Démonstration par récurrence.

Initialisation (\(n=1\)) : \(1^2=1\) et \(\dfrac{1\times 2\times 3}{6}=1\). ✓

Hérédité : supposons la formule vraie au rang \(n\). Alors :

\[\sum_{k=1}^{n+1}k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}+(n+1)^2 = \frac{(n+1)\bigl[n(2n+1)+6(n+1)\bigr]}{6} = \frac{(n+1)(n+2)(2n+3)}{6}\]

C'est bien la formule au rang \(n+1\). La propriété est démontrée pour tout \(n\geq1\). ✓

Partie 1 — Cas \(n=3\)

1/ Colorier le domaine \(D\)

Reproduire la figure ci-dessous et colorier le domaine \(D\).

Le domaine \(D\) est la région délimitée par :

  • la courbe \(\mathcal{C}_f : y=x^2\) au-dessus,
  • l'axe des abscisses en-dessous,
  • les droites \(x=0\) et \(x=1\) à gauche et à droite.

Cliquer sur le bouton pour voir le domaine colorié en vert.

2/ Hauteur du rectangle \(ABCD\)

\(x\) étant quelconque, quelle est la "hauteur" \(AB\) du rectangle \(ABCD\) ci-dessous, dont la base \(CD\) est sur l'axe des abscisses ?

La hauteur \(AB\) vaut \(\boldsymbol{f(x)=x^2}\).

Le point \(A\) est le point de \(\mathcal{C}_f\) d'abscisse \(x\), donc son ordonnée est \(f(x)\).

3a/ Les trois intervalles pour \(n=3\)

On divise l'intervalle \([0;1]\) en trois intervalles d'amplitude \(\dfrac{1}{3}\). Lorsque l'entier \(k\) varie de \(0\) à \(2\), quels sont les trois intervalles \(\left[\dfrac{k}{3}\,;\,\dfrac{k+1}{3}\right]\) ?

\(k=0\) : \(\left[0\,;\,\dfrac{1}{3}\right]\)   \(k=1\) : \(\left[\dfrac{1}{3}\,;\,\dfrac{2}{3}\right]\)   \(k=2\) : \(\left[\dfrac{2}{3}\,;\,1\right]\)

3b/ Construction des rectangles pour \(n=3\)

Lorsque l'entier \(k\) varie de \(0\) à \(2\), construire sur chaque intervalle \(\left[\dfrac{k}{3}\,;\,\dfrac{k+1}{3}\right]\) :

  • en rouge : les rectangles \(r_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k}{3}\right)\) (hauteur au bord gauche)
  • en bleu : les rectangles \(T_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k+1}{3}\right)\) (hauteur au bord droit)

Les rectangles rouges \(r_k\) sont inférieurs à la courbe (ils restent sous \(\mathcal{C}_f\)).
Les rectangles bleus \(T_k\) sont supérieurs (ils dépassent \(\mathcal{C}_f\)).
Voir la figure ci-dessus.

\[u_3 = \frac{1}{3}\times f(0)+ \frac{1}{3}\times f\!\left(\tfrac{1}{3}\right)+\frac{1}{3}\times f\!\left(\tfrac{2}{3}\right)= \frac{1}{3}\!\left[f(0)+f\!\left(\tfrac{1}{3}\right)+f\!\left(\tfrac{2}{3}\right)\right] = \frac{1}{3}\!\left[0+\frac{1}{9}+\frac{4}{9}\right] = \frac{1}{3}\times\frac{5}{9} = \frac{5}{27} \approx 0{,}185\]

\[v_3 = \frac{1}{3}\times f\!\left(\tfrac{1}{3}\right)+\frac{1}{3}\times f\!\left(\tfrac{2}{3}\right) + \frac{1}{3}\times f(1)= \frac{1}{3}\!\left[f\!\left(\tfrac{1}{3}\right)+f\!\left(\tfrac{2}{3}\right)+f(1)\right] = \frac{1}{3}\!\left[\frac{1}{9}+\frac{4}{9}+1\right] = \frac{1}{3}\times\frac{14}{9} = \frac{14}{27} \approx 0{,}519\]

4/ Comparer \(A\) avec \(u_3\) et \(v_3\)

On note \(u_3\) la somme des aires des rectangles rouges \(r_k\) et \(v_3\) la somme des aires des rectangles bleus \(T_k\). Comparer \(A\) avec \(u_3\) et \(v_3\).

Comme \(f(x)=x^2\) est croissante sur \([0;1]\), les rectangles rouges sont inclus dans \(D\) et les bleus contiennent \(D\). Donc :

\[\boxed{u_3 < A < v_3}\]

Soit : \(\dfrac{5}{27} < A < \dfrac{14}{27}\), c'est-à-dire environ \(0{,}185 < A < 0{,}519\).

Partie 2 — Observation pour \(n\) quelconque

Augmenter la valeur de \(n\) : la somme des aires des rectangles semble tendre vers \(A\).

Partie 3 — Généralisation (\(n\) quelconque)

5/ Aires de \(r_k\) et \(T_k\)

On divise \([0;1]\) en \(n\) intervalles d'amplitude \(\dfrac{1}{n}\) (\(n\in\mathbb{N}^*\)). Sur chaque intervalle \(\left[\dfrac{k}{n}\,;\,\dfrac{k+1}{n}\right]\) pour \(k\) de \(0\) à \(n-1\), on construit :

  • les rectangles rouges \(r_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k}{n}\right)\) (bord gauche),
  • les rectangles bleus \(T_k\) de hauteur \(f\!\left(\dfrac{k+1}{n}\right)\) (bord droit).

\(k\) étant donné, quelle est l'aire de \(r_k\) ? l'aire de \(T_k\) ?

La largeur de chaque rectangle est \(\dfrac{1}{n}\). Donc :

\[\text{aire}(r_k) = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{k}{n}\right) = \frac{1}{n} \times \left(\frac{k}{n}\right)^2 = \frac{1}{n} \times \frac{k^2}{n^2} = \frac{k^2}{n^3}\]

\[\text{aire}(T_k) = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{k+1}{n}\right) = \frac{1}{n} \times \left(\frac{k+1}{n}\right)^2 = \frac{1}{n} \times \frac{(k+1)^2}{n^2} = \frac{(k+1)^2}{n^3}\]

6/ Comparer \(A\), \(u_n\) et \(v_n\)

On note \(u_n\) la somme des aires des rectangles rouges \(r_k\) et \(v_n\) la somme des aires des rectangles bleus \(T_k\). Comparer \(A\) avec \(u_n\) et \(v_n\).

Pour tout entier \(n > 0\) :

\[\boxed{u_n < A < v_n}\]

7/ Calculer \(u_n\) et \(v_n\) en fonction de \(n\)

Calcul de \(u_n\) (somme des aires des rectangles rouges \(r_k\)) :

Chaque rectangle rouge \(r_k\) a pour aire :

\[\text{aire}(r_k) = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{k}{n}\right) = \frac{1}{n} \times \frac{k^2}{n^2} = \frac{k^2}{n^3}\]

\(u_n\) est la somme de ces aires pour \(k\) allant de \(0\) à \(n-1\) :

\[u_n = \sum_{k=0}^{n-1} \frac{k^2}{n^3} = \frac{0^2}{n^3} + \frac{1^2}{n^3} + \frac{2^2}{n^3} + \cdots + \frac{(n-1)^2}{n^3}\]

\[u_n = \frac{1}{n^3}\left(0^2 + 1^2 + 2^2 + \cdots + (n-1)^2\right) = \frac{1}{n^3}\left(1^2 + 2^2 + \cdots + (n-1)^2\right)\]

En appliquant la formule du préliminaire avec \((n-1)\) à la place de \(n\) :

\[1^2+2^2+\cdots+(n-1)^2 = \frac{(n-1)\times n \times (2n-1)}{6}\]

Donc :

\[u_n = \frac{1}{n^3} \times \frac{(n-1)\times n \times (2n-1)}{6} = \frac{(n-1)(2n-1)}{6n^2}\]

\[\boxed{u_n = \frac{(n-1)(2n-1)}{6n^2}}\]


Calcul de \(v_n\) (somme des aires des rectangles bleus \(T_k\)) :

Chaque rectangle bleu \(T_k\) a pour aire :

\[\text{aire}(T_k) = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{k+1}{n}\right) = \frac{1}{n} \times \frac{(k+1)^2}{n^2} = \frac{(k+1)^2}{n^3}\]

\(v_n\) est la somme de ces aires pour \(k\) allant de \(0\) à \(n-1\) :

\[v_n = \sum_{k=0}^{n-1} \frac{(k+1)^2}{n^3} = \frac{1^2}{n^3} + \frac{2^2}{n^3} + \frac{3^2}{n^3} + \cdots + \frac{n^2}{n^3}\]

\[v_n = \frac{1}{n^3}\left(1^2 + 2^2 + 3^2 + \cdots + n^2\right)\]

En appliquant la formule du préliminaire :

\[1^2+2^2+\cdots+n^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}\]

Donc :

\[v_n = \frac{1}{n^3} \times \frac{n(n+1)(2n+1)}{6} = \frac{(n+1)(2n+1)}{6n^2}\]

\[\boxed{v_n = \frac{(n+1)(2n+1)}{6n^2}}\]

8/ Montrer que la suite \((u_n)\) est croissante

En utilisant les résultats du 7/ :

\[u_{n+1} - u_n = \frac{n(2n+1)}{6(n+1)^2} - \frac{(n-1)(2n-1)}{6n^2}\]

Après réduction au même dénominateur \(6n^2(n+1)^2\) :

\[u_{n+1} - u_n = \frac{3n^2+n-1}{6n^2(n+1)^2}\]

Le dénominateur est positif. \(u_{n+1}-u_n\) est du signe de \(3n^2+n-1\).

Or \(n \geq 1 \Rightarrow n-1 \geq 0 \Rightarrow 3n^2+n-1 > 0\).

Donc \(u_{n+1} - u_n > 0\) pour tout \(n \geq 1\) : la suite \((u_n)\) est croissante.

9/ Montrer que la suite \((v_n)\) est décroissante

En utilisant les résultats du 7/ :

\[v_{n+1} - v_n = \frac{(n+2)(2n+3)}{6(n+1)^2} - \frac{(n+1)(2n+1)}{6n^2}\]

Après réduction au même dénominateur \(6n^2(n+1)^2\) :

\[v_{n+1} - v_n = \frac{-3n^2-5n-1}{6n^2(n+1)^2}\]

Le dénominateur est positif. Or \(-3n^2 < 0\), \(-5n < 0\) et \(-1 < 0\) pour tout \(n \geq 1\).

Donc \(v_{n+1} - v_n < 0\) : la suite \((v_n)\) est décroissante.

10/ Montrer que \((u_n)\) et \((v_n)\) sont adjacentes

On revient aux expressions de \(u_n\) et \(v_n\) du 7/ :

\[u_n = \frac{0^2}{n^3}+\frac{1^2}{n^3}+\cdots+\frac{(n-1)^2}{n^3} \qquad v_n = \frac{1^2}{n^3}+\frac{2^2}{n^3}+\cdots+\frac{(n-1)^2}{n^3}+\frac{n^2}{n^3}\]

Donc \(v_n = u_n + \dfrac{n^2}{n^3} = u_n + \dfrac{1}{n}\), et :

\[v_n - u_n = \frac{1}{n} \xrightarrow[n\to+\infty]{} 0\]

  • Nous avons montré en 8/ que \((u_n)\) est croissante.
  • Nous avons montré en 9/ que \((v_n)\) est décroissante.

Les suites \((u_n)\) et \((v_n)\) sont donc adjacentes.

11/ En déduire la valeur de l'aire \(A\)

Les suites \((u_n)\) en rouge et \((v_n)\) en bleu convergent vers \(A=\frac{1}{3}\).

Les suites \((u_n)\) et \((v_n)\) sont adjacentes, elles convergent donc vers la même limite \(\ell\).

Nous savons (question 6/) que pour tout \(n > 0\) : \(u_n < A < v_n\).
En passant à la limite : \(\ell \leq A \leq \ell\), donc \(A = \ell\).

Or :

\[u_n = \frac{(n-1)(2n-1)}{6n^2} = \frac{2n^2-3n+1}{6n^2}\]

À l'infini, \(u_n\) a même limite que le quotient des termes de plus haut degré :

\[\lim_{n\to+\infty} u_n = \lim_{n\to+\infty} \frac{2n^2}{6n^2} = \frac{1}{3}\]

\[\boxed{A = \frac{1}{3}}\]

On dit que \(A\) est l'intégrale de \(0\) à \(1\) de la fonction \(f(x)=x^2\), et on note :

\[A = \int_0^1 x^2\,\mathrm{d}x = \frac{1}{3}\]

Aire et algorithme

\(f\) est la fonction définie sur \([0\,;\,1]\) par \(f(x)=\dfrac{1}{1+x^2}\). En terminale, on ne sait pas déterminer une primitive de \(f\). On se propose néanmoins de calculer une valeur approchée de \(\displaystyle\int_0^1 f(x)\,\mathrm{d}x\).

Partie A — Rectangles inférieurs \(R_n\)

Question 1 — Démonstration de \(R_4\)

On divise \([0\,;\,1]\) en 4 intervalles égaux et on construit 4 rectangles inférieurs (en rouge). On note \(R_4\) la somme de leurs aires. Démontrer que :

\[R_4=\frac{1}{4}\!\left[f(0)+f\!\left(\tfrac{1}{4}\right)+f\!\left(\tfrac{2}{4}\right)+f\!\left(\tfrac{3}{4}\right)\right]\]

Chaque intervalle a pour largeur \(\dfrac{1}{4}\). Le \(k\)-ième rectangle (\(k=0,1,2,3\)) est construit sur \(\left[\dfrac{k}{4}\,;\,\dfrac{k+1}{4}\right]\) avec pour hauteur \(f\!\left(\dfrac{k}{4}\right)\) (bord gauche = rectangle inférieur car \(f\) est décroissante). Donc :

\[R_4 = \sum_{k=0}^{3} \frac{1}{4} \times f\!\left(\frac{k}{4}\right) = \frac{1}{4}\!\left[f(0)+f\!\left(\tfrac{1}{4}\right)+f\!\left(\tfrac{2}{4}\right)+f\!\left(\tfrac{3}{4}\right)\right]\]

Numériquement :

\[R_4 = \frac{1}{4}\!\left[1+\frac{16}{17}+\frac{4}{5}+\frac{16}{25}\right] \approx 0{,}7827\]

Question 2 — Représentation pour \(n=5\)

On divise \([0\,;\,1]\) en \(n\) intervalles de même longueur et on construit \(n\) rectangles inférieurs rouges. Faire varier \(n\) :

Question 3 — Algorithme

Dans l'algorithme ci-dessous, pour une valeur de \(i\) fixée, que représente graphiquement \(d \times f(a + d \times i)\) ? Quel est le rôle de l'algorithme ?

a ← 0
b ← 1
n ← ...
d ← (b - a) / n
R ← 0
Pour i de 0 à n - 1
    R ← R + d × f(a + d × i)
Fin Pour
Afficher R

\(d \times f(a + d \times i)\) représente l'aire du \(i\)-ième rectangle inférieur rouge :

  • \(d = \dfrac{b-a}{n} = \dfrac{1}{n}\) est la largeur du rectangle,
  • \(a + d \times i = \dfrac{i}{n}\) est l'abscisse du bord gauche du \(i\)-ième intervalle,
  • \(f(a + d \times i) = f\!\left(\dfrac{i}{n}\right)\) est la hauteur du rectangle.

Rôle de l'algorithme : il calcule \(R_n = \displaystyle\sum_{i=0}^{n-1} \dfrac{1}{n} \times f\!\left(\dfrac{i}{n}\right)\), la somme des aires des \(n\) rectangles inférieurs, donnant une valeur approchée de \(\displaystyle\int_0^1 f(x)\,\mathrm{d}x\).

Question 4 — Tableau de valeurs

\(n\)451050100
\(R_n\)

Question 5 — Expression générale de \(R_n\)

Pour un entier naturel \(n\) quelconque, compléter :

\[R_n = \frac{1}{n}\!\left[f(0)+\cdots\right] = \sum_{i=0}^{n-1}\cdots\]

Chaque rectangle inférieur \(i\) a pour largeur \(\dfrac{1}{n}\) et pour hauteur \(f\!\left(\dfrac{i}{n}\right)\).

Sa contribution à la somme est donc :

\[\frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{i}{n}\right)\]

En sommant sur \(i = 0, 1, 2, \ldots, n-1\) :

\[R_n = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{0}{n}\right) + \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{1}{n}\right) + \cdots + \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{n-1}{n}\right)\]

\[R_n = \frac{1}{n}\!\left[f(0)+f\!\left(\frac{1}{n}\right)+f\!\left(\frac{2}{n}\right)+\cdots+f\!\left(\frac{n-1}{n}\right)\right]\]

\[\boxed{R_n = \sum_{i=0}^{n-1} \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{i}{n}\right)}\]

Numériquement, pour \(f(x)=\dfrac{1}{1+x^2}\) :

\[R_n = \frac{1}{n}\!\left[\frac{1}{1+0^2}+\frac{1}{1+\left(\frac{1}{n}\right)^2}+\cdots+\frac{1}{1+\left(\frac{n-1}{n}\right)^2}\right]\]

Quand \(n\to+\infty\), \(R_n \to \displaystyle\int_0^1\frac{1}{1+x^2}\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{4} \approx 0{,}7854\).

Partie B — Rectangles supérieurs \(P_n\)

Questions B — Même travail avec les rectangles supérieurs bleus

Reprendre les questions 1, 2, 4, 5 en construisant les rectangles supérieurs bleus (hauteur au bord droit de chaque intervalle). On note \(P_n\) la somme de leurs aires.

Chaque rectangle supérieur \(i\) a pour largeur \(\dfrac{1}{n}\) et pour hauteur \(f\!\left(\dfrac{i+1}{n}\right)\) (bord droit).

Sa contribution est : \(\dfrac{1}{n} \times f\!\left(\dfrac{i+1}{n}\right)\)

En sommant sur \(i = 0, 1, \ldots, n-1\) :

\[P_n = \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{1}{n}\right) + \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{2}{n}\right) + \cdots + \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{n}{n}\right)\]

\[P_n = \frac{1}{n}\!\left[f\!\left(\frac{1}{n}\right)+f\!\left(\frac{2}{n}\right)+\cdots+f(1)\right]\]

\[\boxed{P_n = \sum_{i=0}^{n-1} \frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{i+1}{n}\right)}\]

Pour \(n=4\) :

\[P_4 = \frac{1}{4}\!\left[f\!\left(\frac{1}{4}\right)+f\!\left(\frac{2}{4}\right)+f\!\left(\frac{3}{4}\right)+f(1)\right] = \frac{1}{4}\!\left[\frac{16}{17}+\frac{4}{5}+\frac{16}{25}+\frac{1}{2}\right] \approx 0{,}8327\]

Tableau de \(P_n\) :

\(n\)451050100
\(P_n\)
Partie C — Conclusion

Calculer \(\displaystyle\lim_{n\to+\infty}(P_n - R_n)\) et conclure

\(R_n\) (rouge) et \(P_n\) (bleu) convergent vers \(\frac{\pi}{4}\approx0{,}7854\) (tirets).

On calcule la différence \(P_n - R_n\) :

\[P_n - R_n = \sum_{i=0}^{n-1}\frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{i+1}{n}\right) - \sum_{i=0}^{n-1}\frac{1}{n} \times f\!\left(\frac{i}{n}\right)\]

En développant, tous les termes intermédiaires se simplifient (somme télescopique) :

\[P_n - R_n = \frac{1}{n} \times f(1) - \frac{1}{n} \times f(0) = \frac{1}{n}\!\left[\frac{1}{1+1}-\frac{1}{1+0}\right] = \frac{1}{n}\!\left[\frac{1}{2}-1\right] = \frac{-1}{2n}\]

Donc :

\[\lim_{n\to+\infty}(P_n - R_n) = \lim_{n\to+\infty} \frac{-1}{2n} = 0\]

On peut montrer que \((R_n)\) est croissante et \((P_n)\) décroissante avec \(R_n < P_n\), donc les deux suites sont adjacentes et convergent vers la même limite.

Cette limite commune est :

\[\int_0^1\frac{1}{1+x^2}\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{4} \approx 0{,}7854\]

On retrouve ainsi une approximation de \(\pi\) :

\[\pi \approx 4 \times R_n\]

Histoire du calcul d'aire

Le problème du calcul d'aires sous des courbes est l'un des plus anciens de l'histoire des mathématiques. Sa résolution progressive a conduit à la notion d'intégrale.

Antiquité grecque (~250 av. J.-C.)

Archimède et la méthode d'exhaustion

Archimède calcule l'aire d'un segment de parabole en l'encadrant par des sommes de triangles de plus en plus petits. Il montre que cette aire vaut \(\dfrac{4}{3}\) de l'aire du triangle inscrit. C'est la première idée de passage à la limite : approcher une surface courbe par des polygones. Il applique aussi cette méthode pour calculer l'aire d'un cercle en l'encadrant par des polygones réguliers.

XVIIe siècle

Cavalieri et les indivisibles

Le mathématicien italien Bonaventura Cavalieri (1598–1647) développe la méthode des indivisibles : une surface est vue comme une infinité de "tranches" infiniment fines. Son principe de Cavalieri affirme que deux solides de même hauteur ayant des sections de même aire ont le même volume. Cette approche permet de calculer des aires de courbes algébriques. C'est un précurseur direct du calcul intégral.

1665–1675

Newton et Leibniz inventent le calcul intégral

Isaac Newton (1643–1727) et Gottfried Wilhelm Leibniz (1646–1716) inventent indépendamment le calcul infinitésimal. Leibniz introduit la notation \(\displaystyle\int f(x)\,\mathrm{d}x\) que nous utilisons encore aujourd'hui. Le théorème fondamental de l'analyse établit le lien entre dérivée et intégrale : si \(F\) est une primitive de \(f\), alors \(\displaystyle\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x = F(b)-F(a)\).

XIXe siècle — 1854

Riemann formalise l'intégrale

Bernhard Riemann (1826–1866) donne une définition rigoureuse de l'intégrale à partir de sommes de Riemann : on découpe l'intervalle en \(n\) sous-intervalles, on choisit un point dans chacun, et on somme les aires des rectangles correspondants. La méthode des rectangles que nous étudions ici est un cas particulier de somme de Riemann. L'intégrale de Riemann est définie comme la limite de ces sommes quand \(n\to+\infty\).

XXe siècle — 1902

Lebesgue généralise

Henri Lebesgue (1875–1941) propose une théorie encore plus générale : l'intégrale de Lebesgue. Là où Riemann découpe l'axe des \(x\), Lebesgue découpe l'axe des \(y\). Cette approche permet d'intégrer des fonctions beaucoup plus générales et est fondamentale en mathématiques modernes (probabilités, analyse fonctionnelle).

Aujourd'hui

Calcul numérique

Quand on ne peut pas calculer de primitive explicite (comme pour \(f(x)=e^{-x^2}\)), on utilise des méthodes numériques : méthode des rectangles, méthode des trapèzes, méthode de Simpson… Les calculatrices et ordinateurs utilisent ces algorithmes pour approcher les intégrales avec une précision arbitraire. La méthode des rectangles que vous venez d'étudier est le point de départ de toutes ces techniques.

Repères chronologiques :

\(\approx -250\) : Archimède (méthode d'exhaustion) → \(1635\) : Cavalieri (indivisibles) → \(1665\) : Newton → \(1675\) : Leibniz (notation \(\int\)) → \(1854\) : Riemann (sommes de Riemann) → \(1902\) : Lebesgue

Aire sous une courbe Rectangles inférieurs rouges Rectangles supérieurs bleus Suites adjacentes Sommes de Riemann Algorithme

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