Il existe une unique fonction $f$, définie et dérivable sur $\mathbb{R}$, telle que :
$f' = f \qquad \text{et} \qquad f(0) = 1$
Cette fonction est appelée fonction exponentielle et notée $\exp$.
L'existence est admise (conjecturée par la méthode d'Euler).
L'unicité se démontre. Sa démonstration figure sur la diapositive suivante.
Supposons que $f$ et $g$ soient deux fonctions définies et dérivables sur $\mathbb{R}$ vérifiant :
$f(0)=1$, $f'=f$ et $g(0)=1$, $g'=g$
On pose $h(x) = \dfrac{f(x)}{g(x)}$.
On pose $h(x) = \dfrac{f(x)}{g(x)}$.
Pour tout réel $x$ :
$\exp(x) \times \exp(-x) = 1$
Pour tout réel $x$, $\quad\exp(x) \neq 0$.
On pose pour tout réel $x$ : $g(x) = \exp(x)\times\exp(-x)$.
On pose $g(x) = \exp(x)\times\exp(-x)$.
On rappelle la règle de la dérivée de $h(x)=f({\color{red}-1}\times x)$ avec $h'(x)={\color{red}-1}\times f'({\color{red}-1}\times x)$.
Par la règle du produit : $$g'(x) = \exp'(x)\times\exp(-x) + \exp(x)\times(-1)\times\exp(-x) = \exp(x)\exp(-x) - \exp(x)\exp(-x) = 0$$ $g'$ est la fonction nulle : $g$ est constante.Pour tous réels $x$ et $y$, pour tout entier relatif $n$ :
$\exp(-x) = \dfrac{1}{\exp(x)}$
$\exp(x+y) = \exp(x)\times\exp(y)$
$\exp(x-y) = \dfrac{\exp(x)}{\exp(y)}$
$\exp(n\times x) = (\exp(x))^n$
Soit $y$ un réel fixé. On pose pour tout réel $x$ : $g(x) = \exp(x+y)\times\exp(-x)$.
Soit $y$ un réel fixé. On pose $g(x) = \exp(x+y)\times\exp(-x)$.
Soit $a$ un réel fixé. On pose, pour tout entier naturel $n$, $U_n = e^{na}$.
Simplifier les expressions suivantes :
$A = \exp\bigl((5-\sqrt{3})+(5+\sqrt{3})\bigr) = \exp(10)$
$B = \dfrac{\exp(6+4)}{\exp(5\times 3)} = \dfrac{\exp(10)}{\exp(15)} = \exp(10-15) = \exp(-5)$
L'image du réel $1$ par la fonction $\exp$ est notée $e$ :
$\exp(1) = e$
$\exp(x) = e^x$
Pour tous réels $x$ et $y$, pour tout entier relatif $n$ :
$e^{-x} = \dfrac{1}{e^x}$
$e^{x+y} = e^x \times e^y$
$e^{x-y} = \dfrac{e^x}{e^y}$
$e^{n\times x} = (e^x)^n$
Démonstration : réécriture des propriétés précédentes avec la notation $e$.
Reprendre les expressions $A$ et $B$ de l'exercice précédent en utilisant la notation $e^x$ :
$A = e^{(5-\sqrt{3})+(5+\sqrt{3})} = e^{10}$
$B = \dfrac{e^{6+4}}{e^{15}} = \dfrac{e^{10}}{e^{15}} = e^{10-15} = e^{-5}$
$A(x) = \bigl[(e^x+e^{-x})+(e^x-e^{-x})\bigr]\bigl[(e^x+e^{-x})-(e^x-e^{-x})\bigr]$
$= (2e^x)(2e^{-x}) = 4\,e^{x+(-x)} = 4\,e^0 = \mathbf{4}$
$e^x + e^{-x} - 2 = e^x - 2\,e^{x/2}\times e^{-x/2} + e^{-x} = (e^{x/2} - e^{-x/2})^2 \geq 0$
Le carré d'un réel est toujours $\geq 0$, donc $e^x + e^{-x} - 2 \geq 0$.
Pour tout réel $a$, la suite $\bigl(e^{na}\bigr)_{n\in\mathbb{N}}$ est une suite géométrique.
La démonstration sera vue dans le chapitre suivant sur les suites. C'est une application directe de la propriété $e^{na} = (e^{a})^n$.
Soit $a$ un réel fixé. On pose, pour tout entier naturel $n$, $U_n = e^{na}$.
$\forall x \in \mathbb{R},\quad e^x > 0$
Preuve : On a montré que $e^x \neq 0$. De plus :
$e^x = e^{x/2 + x/2} = e^{x/2}\times e^{x/2} = \left(e^{x/2}\right)^2 \geq 0$
Comme $e^x \neq 0$ et $e^x \geq 0$, on conclut $e^x > 0$.
$e^x$ est strictement croissante sur $\mathbb{R}$.
Preuve : $(e^x)' = e^x > 0$ pour tout $x$.
$e^x$ est strictement croissante, donc elle conserve l'ordre :
$e^{x^2-x} = e^2 \Leftrightarrow x^2 - x = 2 \Leftrightarrow x^2 - x - 2 = 0$
$\Delta = 1 + 8 = 9$, donc $x_1 = \dfrac{1+3}{2} = 2$ et $x_2 = \dfrac{1-3}{2} = -1$.
$\mathcal{S} = \{-1\,;\,2\}$
$(e^x)^2 \leq \left(\dfrac{1}{e}\right)^2 \Leftrightarrow e^{2x} \leq e^{-2} \Leftrightarrow 2x \leq -2 \Leftrightarrow x \leq -1$
$\mathcal{S} = ]-\infty\,;\,-1]$
En $x=0$ : $f'(0)=e^0=1$ et $f(0)=1$, donc la tangente a pour équation $y=f'(0)(x-0)+f(0)$.
Soit l'équation : $y = x + 1$.
Soient $a$ et $b$ deux réels. La fonction $f$ définie sur $\mathbb{R}$ par
$f(x) = e^{{\color{red}a}\times x + b}$
est dérivable sur $\mathbb{R}$ et :
$f'(x) = {\color{red}a} \times e^{a\times x + b}$
Démonstration : règle de la dérivée de $f(x)=g({\color{red}a}x+b)$ où $f'(x)={\color{red}a}\times g'({\color{red}a}x+b)$.
Représentation de $e^{kx}$ et $e^{-kx}$ ($k>0$)
Soit $f$ la fonction définie sur $\mathbb{R}$ par $f(x) = e^{-3x+6}$.
1) $f'(x) = -3 \times e^{-3x+6}$
2) $f'(x) < 0$ pour tout $x$ (car $-3 < 0$ et $e^{-3x+6}>0$) : $f$ est strictement décroissante sur $\mathbb{R}$.
3) $f(2) = e^{-6+6} = e^0 = 1$ et $f'(2) = -3e^0 = -3$.
Tangente : $y = f'(2)(x-2)+f(2)\iff y = -3(x-2)+1 \iff y = -3x+7$
La tangente au point d'abscisse $a=2$ a pour équation $y = -3x+7$
resol(k)from math import * def resol(k): x = 0 while exp(x) < k: x = x + 0.1 return x
resol(2) :
| $k$ | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| $x$ | ||||||||
| $\exp(x)$ |
resol(2) ?resol(4) ?resol — Correction ✓resol(2)
| $k$ | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| $x$ | 0 | 0,1 | 0,2 | 0,3 | 0,5 | 0,6 | 0,7 | 0,7 |
| $\exp(x)$ | 1 | 1,1 | 1,22 | 1,35 | 1,65 | 1,82 | 2,01 | >2 |
2) resol(2) renvoie $x \approx 0{,}7$ car exp(0,6) < 2 mais exp(0,7) > 2. (valeur approchée de $\ln(2) \approx 0{,}693$).
3) resol(4) renvoie $x \approx 1{,}4$ car exp(1,3) < 4 mais exp(1,4) > 4.(valeur approchée de $\ln(4) \approx 1{,}386$).
4) Ce script calcule une valeur approchée de $x$ tel que $e^x \approx k$ (en terminale on parlera de $\ln(k)$ pour la solution de l'équation $e^x=k$).
Équation de la tangente en $a$ : $y=f'(a)(x-a)+f(a)$.
Près de $a$, la fonction est très proche de sa tangente.
Pour $x=a+h$ (avec $h$ petit) : $f(a+h)\approx f'(a)\times h+f(a)$.
Si $f(x)=\exp(x)$, alors $f'(x)=f(x)$ et $f(0)=1$.
Donc : $f(a+h)\approx f(a)\times h+f(a)$.
ou encore $f(x+h) \approx f(x)\times h +f(x)$.
# Methode d'Euler pour approximer exp(x) def euler(x_cible, h): x = 0 f = 1 # f(0) = 1 while x < x_cible: f = f*h + f # f(x+h) = f(x)*h + f(x) x = x + h return f print("exp(1) ≈", euler(1, 0.1)) print("exp(2) ≈", euler(2, 0.1))
f représente-t-elle une valeur de $f$ ou de $f'$ ?f = 1 ?euler(1, 0.5) :
| Tour | Départ | Tour 1 | Tour 2 |
|---|---|---|---|
| $x$ | 0 | ||
| $f$ | 1 |
euler(1, 0.1) puis euler(1, 0.01). Que constate-t-on ?1) f représente une valeur approchée de $f(x)$, c'est-à-dire de $e^x$.
2) Car $f(0) = e^0 = 1$ : c'est la condition initiale de définition de l'exponentielle.
3) Tableau pour euler(1, 0.5) :
| Tour | Départ | Tour 1 | Tour 2 |
|---|---|---|---|
| $x$ | 0 | 0,5 | 1,0 |
| $f$ | 1 | $1+0{,}5\times1=\mathbf{1{,}5}$ | $1{,}5+0{,}5\times1{,}5=\mathbf{2{,}25}$ |
4) euler(1, 0.1) ≈ 2,594 · euler(1, 0.01) ≈ 2,705 · $e\approx 2{,}718$ : on se rapproche.
5) Un $h$ plus petit effectue des pas plus fins, donc l'approximation linéaire $f(x+h)\approx f(x)+hf'(x)$ est plus précise.
On admet (hors programme) que $u_n = \left(1+\dfrac{1}{n}\right)^n \xrightarrow[n\to+\infty]{} e$.
# Approximation de e par (1+1/n)^n def approx_e(n): u = (1 + 1/n) ** n return u print("n = 1 :", approx_e(1)) print("n = 10 :", approx_e(10)) print("n = 100 :", approx_e(100)) print("n = 1000 :", approx_e(1000))
1) $\left(1+\dfrac{1}{1}\right)^1 = 2^1 = 2{,}0$ ✓
2) La suite semble converger vers $e \approx 2{,}718$.
3) $|u_{1000} - e| \approx |2{,}7169 - 2{,}7183| \approx 0{,}0014$ : la suite est bien proche de $e$.
4) Les valeurs se rapprochent encore davantage de $e$. La convergence est lente.
5) $(u_n)$ semble croissante. On conjecture que $u_n \to e$ quand $n \to +\infty$.