Une expérience aléatoire est une expérience dont on ne peut pas prévoir le résultat à l'avance, mais dont on connaît tous les résultats possibles.
L'univers (noté $\Omega$) est l'ensemble de toutes les issues (résultats possibles) de l'expérience.
Le calcul des probabilités est né d'une correspondance entre Blaise Pascal (1623–1662) et Pierre de Fermat (1607–1665), à propos d'un problème soumis par le Chevalier de Méré, joueur passionné. Jakob Bernoulli (1655–1705) formalisa ensuite la loi des grands nombres en 1713 dans son Ars Conjectandi.
Un événement est une partie (sous-ensemble) de l'univers $\Omega$. Il se réalise si l'issue obtenue lui appartient.
Soient $A$ et $B$ deux événements de $\Omega$ :
On considère deux événements $A$ et $B$ dans un même univers $\Omega$.
$A \cup B$ signifie « $A$ ou $B$ (ou les deux) se réalise » : on prend toutes les issues qui appartiennent à $A$, à $B$ ou aux deux.
Idée visuelle : on colore d'abord $A$, puis on ajoute $B$ : la zone $A \cap B$ est alors comptée dans les deux.
| Notation | Signification | Région |
|---|---|---|
| $A \cap B$ | A et B | ∩ centrale |
| $A \cup B$ | A ou B | les deux ensembles réunis |
| $\overline{A}$ | pas A | hors A |
| $\overline{A \cup B}$ | ni A ni B | hors des 2 |
Exercice : Dé à 6 faces. On pose $A$ = « obtenir un nombre pair » et $B$ = « obtenir un nombre supérieur ou égal à 5 ».
$A=\dots\dots$, $B=\dots\dots$, $\overline{A}=\dots$, $A\cap B=\dots$, $A\cup B=\dots$.
$A$ et $B$ sont-ils incompatibles ?
| Notation | Signification | Région |
|---|---|---|
| $A \cap B$ | A et B | ∩ centrale |
| $A \cup B$ | A ou B | tout cercle |
| $\overline{A}$ | pas A | hors A |
| $\overline{A \cup B}$ | ni A ni B | hors des 2 |
Exercice : Dé à 6 faces. On pose $A$ = « obtenir un nombre pair » et $B$ = « obtenir un nombre supérieur ou égal à 5 ».
$A=\{2,4,6\}$, $B=\{5,6\}$, $\overline{A}=\{1,3,5\}$, $A\cap B=\{6\}$, $A\cup B=\{2,4,5,6\}$.
$A$ et $B$ sont-ils incompatibles ? Non, car $A\cap B=\{6\}\neq\emptyset$.
Sur un univers fini $\Omega=\{\omega_1,\ldots,\omega_n\}$, une loi de probabilité associe à chaque issue $\omega_i$ un réel $p_i \geq 0$ tel que $p_1+\cdots+p_n=1$. Elle se présente sous forme d'un tableau :
| Issue | $\omega_1$ | $\omega_2$ | $\cdots$ | $\omega_n$ |
|---|---|---|---|---|
| Probabilité | $p_1$ | $p_2$ | $\cdots$ | $p_n$ |
La probabilité d'un événement $A$ est la somme des probabilités des issues qui le composent.
| Issue | Rouge | Bleu | Vert | Jaune | Blanc |
|---|---|---|---|---|---|
| Prob. | 0,30 | 0,25 | 0,20 | 0,15 | 0,10 |
Vérification : $0{,}30+0{,}25+0{,}20+0{,}15+0{,}10=\dots$ | Calculs : $P(\text{Rouge ou Bleu})=\dots$
Sur un univers fini $\Omega=\{\omega_1,\ldots,\omega_n\}$, une loi de probabilité associe à chaque issue $\omega_i$ un réel $p_i \geq 0$ tel que $p_1+\cdots+p_n=1$. Elle se présente sous forme d'un tableau :
| Issue | $\omega_1$ | $\omega_2$ | $\cdots$ | $\omega_n$ |
|---|---|---|---|---|
| Probabilité | $p_1$ | $p_2$ | $\cdots$ | $p_n$ |
La probabilité d'un événement $A$ est la somme des probabilités des issues qui le composent.
| Issue | Rouge | Bleu | Vert | Jaune | Blanc |
|---|---|---|---|---|---|
| Prob. | 0,30 | 0,25 | 0,20 | 0,15 | 0,10 |
Vérification : $0{,}30+0{,}25+0{,}20+0{,}15+0{,}10=1$ ✓ | $P(\text{Rouge ou Bleu})=0{,}55$
On dit qu'il y a équiprobabilité lorsque toutes les issues ont la même probabilité de se réaliser. Si $\Omega$ contient $n$ issues ($n=\text{card}(\Omega)$), chaque issue a la probabibilité $\dfrac{1}{n}$ de se réaliser.
Dans ce cas, pour tout événement $A$ :
$P(A) = \dfrac{\text{card}(A)}{\text{card}(\Omega)} = \dfrac{\text{nombre d'issues favorables}}{\text{nombre total d'issues}}$
Jeu de 32 cartes (8 valeurs, 4 couleurs) :
$\text{card}(\Omega) = 32$ (8 valeurs × 4 couleurs), équiprobabilité.
Dans un lot de $200$ pièces produites par une machine, $6$ sont défectueuses. On tire une pièce au hasard.
(Ce type de calcul est utilisé en permanence dans les processus de fabrication industrielle.)
$\text{card}(\Omega) = 200$, dont 6 défectueuses et $200 - 6 = 194$ conformes.
$P(\text{défectueuse}) = \dfrac{6}{200} = \dfrac{3}{100} = 0{,}03$
$P(\text{conforme}) = \dfrac{194}{200} = \dfrac{97}{100} = 0{,}97$
Vérification : $P(\text{défectueuse}) + P(\text{conforme}) = 0{,}03 + 0{,}97 = 1$ ✓
Pour tout événement $A$ de $\Omega$ :
Pour tout événement $A$ de $\Omega$ :
$P(\overline{A}) = 1 - P(A)$
Demonstration : $A\cup\overline{A}=\Omega$ et $A\cap\overline{A}=\emptyset$, donc $P(A)+P(\overline{A})=1$.
$P(\text{« au moins un »}) = 1 - P(\text{« aucun »})$
Dans l'univers $\Omega$, chaque issue est soit dans $A$, soit dans $\overline{A}$, mais jamais dans les deux.
$A$ et $\overline{A}$ sont donc deux événements incompatibles dont la réunion est tout l'univers : $A \cup \overline{A} = \Omega$.
On a donc : $P(A) + P(\overline{A}) = P(\Omega) = 1$, d'où $P(\overline{A}) = 1 - P(A)$.
Pour un événement du type « au moins une fois », on calcule souvent plus facilement le contraire « aucune fois », puis on fait $P(\text{« au moins un »}) = 1 - P(\text{« aucun »})$.
Pour tout événement $A$ et $B$ de $\Omega$ :
$P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)$
Cas particulier : Si $A$ et $B$ sont incompatibles ($A\cap B=\emptyset$ ) (incompatibles) :
$P(A\cup B)=P(A)+P(B)$.
Si on additionne $P(A)$ et $P(B)$, la zone $A \cap B$ est comptée deux fois.
Pour obtenir $P(A \cup B)$, on enlève une fois $P(A \cap B)$ :
$P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)$
Si $A$ et $B$ sont incompatibles ($A \cap B = \emptyset$), l'intersection est vide, donc $P(A \cup B) = P(A)+P(B)$.
$A$ = « As », $B$ = « Cœur ».
$P(A)=\dfrac{4}{32}$, $P(B)=\dfrac{8}{32}$, $P(A\cap B)=\dfrac{1}{32}$.
$P(A\cup B)=\dots\dots\dots\dots\dots$
$P(\text{pluie})=0{,}3$, $P(\text{vent})=0{,}4$, $P(\text{pluie et vent})=0{,}15$.
$A$ = « As », $B$ = « Cœur », $A\cap B$ = « As de Cœur ».
$P(A)=\dfrac{4}{32}$, $\;P(B)=\dfrac{8}{32}$, $\;P(A\cap B)=\dfrac{1}{32}$.
Formule de la réunion :
$P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B)$
$P(A\cup B)=\dfrac{4}{32}+\dfrac{8}{32}-\dfrac{1}{32} =\dfrac{11}{32}\approx 0{,}344$
$P(\text{pluie})=0{,}3\;;\quad P(\text{vent})=0{,}4\;;\quad P(\text{pluie et vent})=0{,}15$.
Lorsqu'on répète un grand nombre de fois une expérience aléatoire, la fréquence d'apparition d'un événement $A$ se stabilise autour de $P(A)$.
Plus le nombre de répétitions est grand, plus la fréquence est proche de la probabilité.
Bernoulli écrivait : « si les observations de tous les événements étaient continuées pendant l'éternité, on noterait que tout dans le monde est gouverné par des proportions précises. » C'est la première démonstration rigoureuse de ce résultat.
from random import randint n = 500 # nombre de lancers pile = 0 # compteur de Pile for i in range(n): lancer = randint(0, 1) if lancer == 0: pile = pile + 1 frequence = pile / n print("Fréquence de Pile :", frequence) print("Probabilité théorique : 0.5")
randint(0,1) ?randint(0,1) renvoie un entier aléatoire parmi
0 ou 1, chacun avec probabilité $\dfrac{1}{2}$.
Ici 0 représente Pile, 1 représente Face.
| $n$ | Fréquence de Pile (exemple) | Écart à $0{,}5$ |
|---|---|---|
| $50$ | $0{,}46$ | grand |
| $500$ | $0{,}502$ | moyen |
| $5000$ | $0{,}499$ | faible |
On remplace randint(0,1) par randint(1,6)
et on compte les résultats égaux à 6 :
from random import randint n = 5000 six = 0 for i in range(n): lancer = randint(1, 6) if lancer == 6: six = six + 1 frequence = six / n print("Fréquence du 6 :", frequence) print("Probabilité théorique :", round(1/6, 4))
Probabilité théorique : $P(6)=\dfrac{1}{6}\approx 0{,}1667$. La fréquence observée s'en approche quand $n$ est grand.
Lorsqu'une expérience se déroule en plusieurs étapes, on peut la représenter par un arbre de probabilité. Chaque branche porte la probabilité d'une issue à une étape donnée.
$P$ = « Pile », $F$ = « Face ».
Questions$P(PP) = \dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4}$
$P = P(PF) + P(FP) = \dfrac{1}{2}\times\dfrac{1}{2}+\dfrac{1}{2}\times\dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4}+\dfrac{1}{4} = \dfrac{1}{2}$
$P(\text{au moins un Pile}) = 1 - P(FF) = 1 - \dfrac{1}{4} = \dfrac{3}{4}$
Deux pièces contrôlées indépendamment. Probabilité de défaut : $0{,}04$.
$D$ = « défectueuse », $\overline{D}$ = « conforme ».
Questions$P(D)=0{,}04$, $P(\overline{D})=0{,}96$, tirages indépendants → on multiplie les probabilités sur chaque chemin.
RésultatsUrne : 3 boules rouges (R) et 2 boules bleues (B). Tirage de 2 boules sans remise.
Analyse1re rouge → reste 2R + 2B (4 boules).
1re bleue → reste 3R + 1B (4 boules).
Probabilités sur chaque chemin = produit des fractions (tirage sans remise → fractions conditionnelles).
RésultatsVérification : $\dfrac{6}{20}+\dfrac{6}{20}+\dfrac{6}{20}+\dfrac{2}{20}=\dfrac{20}{20}=1$ ✓
Une entreprise reçoit 10 candidats. Parmi eux, 4 sont ingénieurs (I) et 6 ne le sont pas ($\overline{\text{I}}$). On tire au sort 2 candidats parmi les 10.
10 candidats : 4 ingénieurs (I), 6 non-ingénieurs ($\overline{I}$). Tirage sans remise.
RésultatsVérification : $\dfrac{12}{90}+\dfrac{24}{90}+\dfrac{24}{90}+\dfrac{30}{90}=\dfrac{90}{90}=1$ ✓
Soient $A$ et $B$ deux événements avec $P(A) \neq 0$. La probabilité conditionnelle de l'événement $B$ sachant l'événement $A$, notée $P_A(B)$, est :
$P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}$
Elle représente la probabilité que $B$ se réalise, en sachant que $A$ s'est réalisé.
Si $A$ est réalisé, l'univers se restreint aux issues de $A$, et on compte parmi elles celles qui appartiennent à $B$.
On lance un dé équilibré à 6 faces. On pose :
$A$ = « obtenir un nombre pair » et $B$ = « obtenir un nombre $\geq 4$ ».
$A=\{2,4,6\}$, $B=\{4,5,6\}$, $A\cap B=\{4,6\}$.
$P(A)=\dfrac{3}{6}=\dfrac{1}{2}$ et $P(A\cap B)=\dfrac{2}{6}=\dfrac{1}{3}$.
$P_A(B) = \dfrac{P(A\cap B)}{P(A)} = \dfrac{1/3}{1/2} = \dfrac{2}{3}$
Calcul direct : parmi les faces paires $\{2,4,6\}$ (3 issues), celles qui sont $\geq 4$ sont $\{4,6\}$ (2 issues), d'où $P_A(B)=\dfrac{2}{3}$. ✓
Dans un arbre de probabibilité à deux niveaux :
La probabilité du chemin $A$ vers $B$ est $P(A)\times P_A(B)=P(A\cap B)$.
La somme des branches issues d'un même nœud vaut 1 :
$P(A)+P(\overline{A})=1$ · $P_A(B)+P_A(\overline{B})=1$ · $P_{\overline{A}}(B)+P_{\overline{A}}(\overline{B})=1$
Pour deux événements $A$ et $B$ avec $P(A)\neq 0$ :
$P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)$
Cette formule traduit la le long d'un chemin de l'arbre.
Demonstration : Par définition $P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}$, d'où $P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B)$.
Urne : 3 boules rouges et 2 bleues. On tire 2 boules sans remise.
La branche « R puis R » porte :
$P(R_1\cap R_2) = \dfrac{3}{5}\times\dfrac{2}{4} = \dfrac{6}{20} = \dfrac{3}{10}$
Un tableau croisé d'effectifs (ou tableau de contingence) dénombre les individus d'une population selon deux caractères. Si on tire un individu au hasard (équiprobabilité), on calcule des probabilités et des probabilités conditionnelles en divisant les effectifs par l'effectif total.
| Mention $B$ (ou TB) | Pas de mention $\overline{B}$ | Total | |
|---|---|---|---|
| Filière scientifique ($S$) | 80 | 120 | 200 |
| Autres ($\overline{S}$) | 60 | 240 | 300 |
| Total | 140 | 360 | 500 |
$P(S)=\dfrac{200}{500}=\dfrac{2}{5}$, $P(B)=\dfrac{140}{500}=\dfrac{7}{25}$, $P(S\cap B)=\dfrac{80}{500}=\dfrac{4}{25}$
$P_S(B)=\dfrac{P(S\cap B)}{P(S)}=\dfrac{80/500}{200/500}=\dfrac{80}{200}=0{,}40$
$P_B(S)=\dfrac{P(S\cap B)}{P(B)}=\dfrac{80/500}{140/500}=\dfrac{80}{140}=\dfrac{4}{7}\approx 0{,}571$
$P_{\overline{S}}(B)=\dfrac{60}{300}=0{,}20$ vs $P_S(B)=0{,}40$. La filière scientifique double la probabilité d'obtenir une mention. ✓
En général, $P_A(B) \neq P_B(A)$. Confondre ces deux probabilités est une erreur classique, parfois lourde de conséquences — notamment dans l'interprétation des tests médicaux.
Dans une population, $2\%$ des personnes sont malades ($M$).
$P(M\cap T^+)=P(M)\times P_M(T^+)=0{,}02\times 0{,}95=0{,}019$
$P(\overline{M}\cap T^+)=P(\overline{M})\times P_{\overline{M}}(T^+)=0{,}98\times 0{,}03=0{,}0294$
$P(T^+)=0{,}019+0{,}0294=0{,}0484$
$P_{T^+}(M)=\dfrac{P(M\cap T^+)}{P(T^+)}=\dfrac{0{,}019}{0{,}0484}\approx 0{,}393$
$P_M(T^+)=0{,}95$ (test très fiable pour les malades) mais $P_{T^+}(M)\approx 39\%$ seulement ! Sur 100 personnes testées positives, 61 sont en réalité saines. Paradoxe des faux positifs !
Une usine produit des pièces dont $2\%$ sont défectueuses ($D$). Un contrôle automatique déclenche une alarme ($A$) avec une probabilité de $0{,}98$ si la pièce est défectueuse, et $0{,}01$ si la pièce est bonne.
2. Intersections :
$P(D\cap A)=0{,}02\times 0{,}98=\mathbf{0{,}0196}$
$P(\overline{D}\cap A)=0{,}98\times 0{,}01=\mathbf{0{,}0098}$
3. $P(A)$ par les deux chemins :
$P(A)=P(D\cap A)+P(\overline{D}\cap A)$
$P(A)=0{,}0196+0{,}0098=\mathbf{0{,}0294}$
4. $P_A(D)$ par définition :
Parmi les alarmes déclenchées, quelle proportion concerne une vraie pièce défectueuse ?
$P_A(D)=\dfrac{P(D\cap A)}{P(A)}=\dfrac{0{,}0196}{0{,}0294}\approx\mathbf{0{,}667}$
5. Commentaire :
$P_D(A)=0{,}98$ : l'alarme se déclenche presque toujours pour une pièce défectueuse.
Pourtant $P_A(D)\approx 0{,}667$ : quand l'alarme sonne, la pièce n'est réellement défectueuse que dans 2 cas sur 3. Un tiers des alarmes sont des faux positifs, car les bonnes pièces sont très majoritaires ($98\%$).
On lance deux dés équilibrés numérotés de 1 à 6. On gagne si la somme est strictement supérieure à 9.
1. Nombre d'issues :
Chaque dé donne 6 résultats, lancers indépendants :
$\text{card}(\Omega)=6\times 6=\mathbf{36}$
2. Issues favorables (somme $> 9$) :
| Dé 1 | Dé 2 | Somme |
|---|---|---|
| 4 | 6 | 10 |
| 5 | 5 | 10 |
| 5 | 6 | 11 |
| 6 | 4 | 10 |
| 6 | 5 | 11 |
| 6 | 6 | 12 |
$\text{card}(A)=\mathbf{6}$ issues favorables.
3. Probabilité de gagner :
$P(\text{gagner})=\dfrac{6}{36}=\dfrac{1}{6}\approx 0{,}167$
Mise : 2 euros. Gain en cas de victoire : 5 euros. Probabilité de gagner : $\dfrac{1}{6}$.
On raisonne sur 36 parties (un cycle complet) :
Gain net total sur 36 parties :
$6\times(+3) + 30\times(-2) = 18 - 60 = \mathbf{-42}$ euros
Gain moyen par partie :
$\dfrac{-42}{36} = -\dfrac{7}{6} \approx -1{,}17$ euro
Le jeu est défavorable au joueur : en moyenne, il perd environ 1,17 euro par partie. Plus on joue, plus on perd. Ce jeu est rentable pour le forain, pas pour le joueur.
En 1654, le Chevalier de Méré gagnait souvent en pariant obtenir au moins un 6 en 4 lancers de dé. Il essaya sur le double-6 en 24 lancers et perdit régulièrement.
$A$ = « au moins un 6 en 4 lancers » · $B$ = « au moins un double-6 en 24 lancers ».
(C'est précisément ce problème qui fonda le calcul des probabilités en 1654 !)
1. Probabilité de $\overline{A}$ (aucun 6) :
À chaque lancer, $P(\text{pas de 6})=\dfrac{5}{6}$.
Les 4 lancers sont indépendants, donc :
$P(\overline{A})=\dfrac{5}{6}\times\dfrac{5}{6}\times\dfrac{5}{6}\times\dfrac{5}{6}=\left(\dfrac{5}{6}\right)^{\!4}=\dfrac{625}{1296}\approx 0{,}482$
2. Probabilité de $A$ :
$P(A)=1-P(\overline{A})=1-\left(\dfrac{5}{6}\right)^{\!4}\approx 1-0{,}482=\mathbf{0{,}518}$
3. Probabilité de $\overline{B}$ (aucun double-6) :
À chaque lancer de deux dés, $P(\text{pas de double-6})=\dfrac{35}{36}$.
Les 24 lancers sont indépendants, donc :
$P(\overline{B})=\left(\dfrac{35}{36}\right)^{\!24}\approx \mathbf{0{,}509}$
4. Probabilité de $B$ :
$P(B)=1-\left(\dfrac{35}{36}\right)^{\!24}\approx 1-0{,}509=\mathbf{0{,}491}$
$2\%$ malades ($M$). Test : $P_M(T^+)=0{,}95$ et $P_{\overline{M}}(T^-)=0{,}97$.
QuestionsOn raisonne sur 100 000 personnes testées.
Questions 1 à 3Population de départ :
1. Vrais positifs ($M \cap T^+$) :
Malades testés positifs : $2\,000 \times 0{,}95 = \mathbf{1\,900}$
2. Faux positifs ($\overline{M} \cap T^+$) :
$P_{\overline{M}}(T^-) = 0{,}97$ donc $P_{\overline{M}}(T^+) = 1 - 0{,}97 = 0{,}03$
Non malades testés positifs : $98\,000 \times 0{,}03 = \mathbf{2\,940}$
3. Parmi les $T^+$, proportion réellement malades :
Total $T^+$ : $1\,900 + 2\,940 = \mathbf{4\,840}$
$P_{T^+}(M) = \dfrac{1\,900}{4\,840} \approx \mathbf{0{,}393}$
| $T^+$ | $T^-$ | Total | |
|---|---|---|---|
| $M$ | 1 900 | 100 | 2 000 |
| $\overline{M}$ | 2 940 | 95 060 | 98 000 |
| Total | 4 840 | 95 160 | 100 000 |
4. Conclusion — dépistage de masse :
Parmi les 4 840 personnes testées positives, seulement 1 900 sont réellement malades, soit environ 39 %. Les 61 % restants sont des faux positifs.
Même avec un test très fiable ($95\%$ / $97\%$), le dépistage de masse d'une maladie rare génère une majorité de fausses alertes. C'est pourquoi on cible en priorité les populations à risque.
Un programme génère un caractère au hasard parmi les 26 lettres de l'alphabet. On répète cette opération 3 fois indépendamment.
(Les générateurs pseudo-aléatoires utilisés en jeux vidéo et cryptographie reposent sur ces principes.)
Tirage avec remise parmi 26 lettres, équiprobable — les 3 tirages sont indépendants.
1. Nombre d'issues possibles :
À chaque tirage : 26 choix. Trois tirages indépendants → on applique le principe multiplicatif :
$\text{card}(\Omega) = 26 \times 26 \times 26 = 26^3 = \mathbf{17\,576}$
2. Probabilité d'obtenir exactement « A, B, C » dans cet ordre :
Un seul triplet ordonné est favorable sur 17 576. Par équiprobabilité :
$P(\text{A, B, C}) = \dfrac{1}{26}\times\dfrac{1}{26}\times\dfrac{1}{26} = \dfrac{1}{26^3} = \dfrac{1}{17\,576}\approx 0{,}0001$
Chaque séquence ordonnée de 3 lettres est aussi rare que les autres.
3. Probabilité que les 3 lettres soient identiques :
26 triplets favorables : AAA, BBB, …, ZZZ. La 1ère lettre est libre, les 2 suivantes doivent lui être égales :
$P(\text{3 identiques}) = \dfrac{26}{26^3} = \dfrac{1}{26^2} = \dfrac{1}{676} \approx \mathbf{0{,}00148}$
Autrement : $P = 1 \times \dfrac{1}{26} \times \dfrac{1}{26} = \dfrac{1}{676}$ (la 1ère lettre est quelconque, chacune des 2 suivantes doit coincider avec elle).
4. Probabilité que les 3 lettres soient toutes des consonnes :
L'alphabet compte 6 voyelles (A, E, I, O, U, Y), donc 20 consonnes sur 26.
À chaque tirage : $P(\text{consonne}) = \dfrac{20}{26} = \dfrac{10}{13}$. Les 3 tirages sont indépendants :
$P(\text{3 consonnes}) = \left(\dfrac{20}{26}\right)^{\!3} = \dfrac{20^3}{26^3} = \dfrac{8\,000}{17\,576} \approx \mathbf{0{,}455}$
from random import randint n = 1000 # nombre de lancers compteur = 0 # nombre de 6 obtenus for i in range(n): de = randint(1, 6) if de == 6: compteur = compteur + 1 frequence = compteur / n print("Fréquence de 6 :", frequence) print("Prob. théorique :", round(1/6, 4))
randint(1,6) ?compteur à la fin de la boucle ?randint(1,6) renvoie un entier aléatoire
parmi $\{1, 2, 3, 4, 5, 6\}$, chacun avec probabilité $\dfrac{1}{6}$.
Les deux bornes sont incluses.
compteur à la fin de la boucle contient
le nombre de fois où le résultat du dé valait 6 parmi les $n$ lancers.
On obtient ensuite la fréquence observée par compteur / n.
| $n$ | Fréquence observée (exemple) | Écart à $\frac{1}{6}\approx 0{,}167$ |
|---|---|---|
| 100 | $0{,}14$ | grand |
| 1 000 | $0{,}169$ | faible |
| 10 000 | $0{,}1664$ | très faible |
Plus $n$ est grand, plus la fréquence se stabilise autour de $\frac{1}{6}$ : c'est la loi des grands nombres.
Les nombres pairs sur un dé sont $2$, $4$, $6$ → 3 valeurs sur 6. Probabilité théorique : $\dfrac{3}{6} = \dfrac{1}{2} = 0{,}5$.
On remplace le test if de == 6 par if de % 2 == 0
(l'opérateur % donne le reste de la division) :
from random import randint n = 1000 compteur = 0 for i in range(n): de = randint(1, 6) if de % 2 == 0: # pair ? compteur = compteur + 1 frequence = compteur / n print("Fréquence pair :", frequence) print("Prob. théorique : 0.5")
from random import randint n = 10000 # parties succes = 0 for i in range(n): au_moins_un_6 = 0 for j in range(4): # 4 lancers if randint(1, 6) == 6: au_moins_un_6 = 1 if au_moins_un_6 == 1: succes = succes + 1 frequence = succes / n print("Fréquence :", frequence) print("Théorique :", round(1-(5/6)**4, 4))
au_moins_un_6 ? Valeurs possibles ?randint(1,6)==6 and randint(1,6)==6au_moins_un_6 est un indicateur booléen
codé en entier. Il vaut 0 (aucun 6 obtenu sur les 4 lancers)
ou 1 (au moins un 6 obtenu). Il est remis à 0
avant chaque partie, puis passe à 1 dès qu'un lancer
vaut 6 et ne redescend plus.
On remplace la boucle interne (range(4) / test ==6)
par 24 lancers de deux dés simultanés :
from random import randint n = 10000 succes = 0 for i in range(n): double_six = 0 for j in range(24): # 24 lancers if randint(1,6)==6 and randint(1,6)==6: double_six = 1 if double_six == 1: succes = succes + 1 frequence = succes / n print("Fréquence :", frequence) print("Théorique :", round(1-(35/36)**24, 4))
4. Comparaison des deux fréquences :
| Pari | $P$ théorique | Verdict |
|---|---|---|
| Au moins un 6 / 4 lancers | $\approx 0{,}518$ | > 0,5 ✓ |
| Au moins un double-6 / 24 lancers | $\approx 0{,}491$ | < 0,5 ✗ |
Seul le 1er pari est avantageux — la simulation confirme le calcul théorique de la diapo S29.