1. Les données
Séparateurs acceptés : espace, tabulation, retour à la ligne ou point-virgule. La virgule ou le point servent de séparateur décimal (12,5 ou 12.5).
Coller deux colonnes depuis un tableur
2. Résultats
3. Nuage de points, droite de régression et bandes de confiance
Survolez un point pour voir ses coordonnées et son résidu. La droite passe toujours par le point moyen $G$ ; les bandes sont plus étroites au voisinage de $\bar x$.
4. Intervalle de confiance de $\hat a$ (pente)
5. Intervalle de confiance de $\hat b$ (ordonnée à l'origine)
6. Les deux intervalles côte à côte
Rectangle : ensemble des couples $(a;b)$ dont chaque coordonnée est dans son intervalle. Ellipse : région de confiance conjointe au même niveau. Son inclinaison traduit la corrélation entre $\hat a$ et $\hat b$ : $\operatorname{Cov}(\hat a,\hat b)=-\bar x\,\sigma^2/S_{xx}$.
7. Graphique des résidus $e_i = y_i-\hat y_i$
Les résidus doivent se répartir au hasard autour de 0, sans forme particulière (courbure, entonnoir…). Les pointillés sont à $\pm 2s$.
8. Tableau de calcul
Entrez des données dans le premier onglet.
1. Le modèle de régression linéaire simple
On observe $n$ couples $(x_1;y_1),\dots,(x_n;y_n)$. On suppose que la variable $y$ dépend « à peu près linéairement » de $x$ : chaque observation s'écrit
$$Y_i = a\,x_i + b + \varepsilon_i,\qquad i=1,\dots,n.$$- $x_i$ est connu, non aléatoire (on le choisit ou on le mesure sans erreur) ;
- $a$ (pente) et $b$ (ordonnée à l'origine) sont des paramètres inconnus de la population ;
- $\varepsilon_i$ est une erreur aléatoire : on suppose les $\varepsilon_i$ indépendantes, de loi normale $\mathcal N(0;\sigma^2)$, avec la même variance $\sigma^2$ inconnue.
Les données ne donnent jamais $a$ et $b$ exactement : elles en donnent des estimations $\hat a$ et $\hat b$. Un autre échantillon donnerait d'autres valeurs. L'objectif des intervalles de confiance est de mesurer cette incertitude.
2. Les moindres carrés
Pour une droite $y=\alpha x+\beta$ quelconque, l'écart vertical au point $i$ vaut $y_i-(\alpha x_i+\beta)$. On choisit la droite qui rend minimale la somme des carrés de ces écarts :
$$S(\alpha,\beta)=\sum_{i=1}^n \bigl(y_i-\alpha x_i-\beta\bigr)^2 .$$En annulant les deux dérivées partielles, on obtient :
La deuxième égalité montre que la droite passe par le point moyen $G(\bar x;\bar y)$. On note $\hat y_i=\hat a x_i+\hat b$ la valeur ajustée et $e_i=y_i-\hat y_i$ le résidu.
3. Estimer la variance des erreurs
Les résidus $e_i$ sont les « images observables » des erreurs $\varepsilon_i$. On estime $\sigma^2$ par
$$s^2=\frac{\mathrm{SCR}}{n-2}=\frac{1}{n-2}\sum_{i=1}^n e_i^2 .$$On divise par $n-2$ et non par $n$ car on a estimé deux paramètres ($a$ et $b$) : il reste $n-2$ degrés de liberté. Avec cette division, $s^2$ est un estimateur sans biais de $\sigma^2$. Il faut donc $n\geq 3$.
4. Lois des estimateurs
Sous les hypothèses du modèle, $\hat a$ et $\hat b$ sont des combinaisons linéaires des $Y_i$, donc suivent des lois normales, centrées sur les vraies valeurs (estimateurs sans biais) :
$$\hat a\sim\mathcal N\!\left(a\;;\;\frac{\sigma^2}{S_{xx}}\right),\qquad \hat b\sim\mathcal N\!\left(b\;;\;\sigma^2\Bigl(\frac1n+\frac{\bar x^2}{S_{xx}}\Bigr)\right).$$Comme $\sigma$ est inconnu, on le remplace par $s$. On obtient les écarts-types estimés :
$$s_{\hat a}=\frac{s}{\sqrt{S_{xx}}},\qquad s_{\hat b}=s\sqrt{\frac1n+\frac{\bar x^2}{S_{xx}}} .$$Ce remplacement a un prix : la loi normale devient une loi de Student à $n-2$ degrés de liberté :
$$\frac{\hat a-a}{s_{\hat a}}\sim\mathcal T(n-2),\qquad \frac{\hat b-b}{s_{\hat b}}\sim\mathcal T(n-2).$$5. Les intervalles de confiance
Pour un niveau de confiance $1-\alpha$ (par exemple $95\,\%$, soit $\alpha=0{,}05$), on note $t_{1-\alpha/2}$ le quantile de la loi de Student $\mathcal T(n-2)$ tel que $P(-t\leq T\leq t)=1-\alpha$.
6. Qu'est-ce qui rend un intervalle large ou étroit ?
- Le bruit $s$ : plus les points sont dispersés autour de la droite, plus l'intervalle est large.
- La dispersion des $x_i$ ($S_{xx}$) : des $x_i$ bien étalés « tiennent » mieux la pente. Des $x_i$ tous proches les uns des autres donnent une pente très incertaine.
- La taille $n$ : $S_{xx}$ augmente avec $n$, et $t_{1-\alpha/2}$ diminue vers $1{,}96$ (à 95 %).
- Le niveau de confiance : exiger 99 % au lieu de 95 % élargit l'intervalle.
- Pour $\hat b$ en plus : l'éloignement de $\bar x$ par rapport à 0. $b$ est la valeur de la droite en $x=0$ ; si les données sont loin de 0, estimer $b$ revient à extrapoler, d'où un terme $\bar x^2/S_{xx}$ qui peut être énorme.
7. Lien avec le test de nullité de la pente
Tester $H_0 : a=0$ (« $x$ n'a pas d'effet linéaire sur $y$ ») contre $H_1 : a\neq 0$ au risque $\alpha$ revient à regarder si 0 appartient à $\mathrm{IC}(a)$ au niveau $1-\alpha$ :
- si $0\notin\mathrm{IC}(a)$, on rejette $H_0$ : la pente est significativement non nulle ;
- si $0\in\mathrm{IC}(a)$, les données ne permettent pas de conclure à un effet de $x$.
La statistique de test est $T=\hat a/s_{\hat a}$, qui suit $\mathcal T(n-2)$ sous $H_0$. La page affiche la p-valeur correspondante.
8. Bande de confiance et bande de prédiction
En une abscisse $x_0$, deux questions différentes :
- Où est la droite « vraie » ? On estime la moyenne $E(Y\mid x_0)=a x_0+b$ par $\hat y_0$, avec l'intervalle $$\Bigl[\hat y_0-t_{1-\alpha/2}\,s\sqrt{\frac1n+\frac{(x_0-\bar x)^2}{S_{xx}}}\;;\;\hat y_0+t_{1-\alpha/2}\,s\sqrt{\frac1n+\frac{(x_0-\bar x)^2}{S_{xx}}}\Bigr]$$
- Où tombera une nouvelle observation ? Il faut ajouter le bruit propre à cette observation : $$\Bigl[\hat y_0-t_{1-\alpha/2}\,s\sqrt{1+\frac1n+\frac{(x_0-\bar x)^2}{S_{xx}}}\;;\;\hat y_0+t_{1-\alpha/2}\,s\sqrt{1+\frac1n+\frac{(x_0-\bar x)^2}{S_{xx}}}\Bigr]$$
Les deux bandes ont une forme d'hyperbole, minimale en $x_0=\bar x$. Remarque : l'intervalle de $b$ est exactement la bande de confiance lue en $x_0=0$.
9. Coefficient de détermination
On décompose la variabilité totale : $\mathrm{SCT}=\mathrm{SCE}+\mathrm{SCR}$, avec $\mathrm{SCT}=\sum(y_i-\bar y)^2$, $\mathrm{SCE}=\sum(\hat y_i-\bar y)^2$, $\mathrm{SCR}=\sum e_i^2$. Le rapport $R^2=\mathrm{SCE}/\mathrm{SCT}=r^2$ est la part de la variabilité de $y$ « expliquée » par la droite. Un $R^2$ élevé ne dit rien de la précision sur $a$ et $b$ si $n$ est petit : regardez les intervalles !
- Extrapoler loin des $x_i$ observés : rien ne garantit que la relation reste linéaire.
- Oublier de regarder les résidus : une courbure ou un « entonnoir » invalide le modèle et donc les intervalles.
- Corrélation n'est pas causalité : une pente significative ne prouve pas que $x$ cause $y$.
- Lire les deux IC indépendamment : $\hat a$ et $\hat b$ sont corrélés (sauf si $\bar x=0$). Le couple $(a;b)$ plausible est décrit par l'ellipse de confiance, pas par le rectangle.
- Chargez l'exemple « Petit échantillon bruité ». L'intervalle de $a$ contient-il 0 ? Que conclure ?
- Passez de 95 % à 99 % : quels intervalles s'élargissent ? Dans quelle proportion ?
- Ajoutez une valeur aberrante (par exemple un $y$ très grand pour le plus grand $x$). Observez $\hat a$, $s$ et les résidus.
- Ajoutez 1000 à tous les $x_i$ : que deviennent $\hat a$, $s_{\hat a}$, puis $\hat b$ et $s_{\hat b}$ ? Expliquez avec la formule de $s_{\hat b}$.
- Gardez les mêmes $y_i$ mais resserrez les $x_i$ (divisez-les par 10) : comment évolue la largeur de $\mathrm{IC}(a)$ ?