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Mathématiques · Seconde · Chapitre 1

Les Ensembles de Nombres

De ℕ à ℝ — cinq ensembles, des millénaires d'histoire

0, 1, 2… …−2, −1 𝔻 0,1 ; 0,25… ⅓, ¾… π, √2…
ℕ Naturels
ℤ Entiers
𝔻 Décimaux
ℚ Rationnels
ℝ∖ℚ Irrationnels
Prêt — appuyez sur Lancer
🐢 🐇 ×1
Entiers naturels
Les nombres servant à compter : zéro et les entiers positifs.
0, 1, 2, 3, 4, 5, …
ℕ ⊂ ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ
Entiers relatifs
Tous les entiers : positifs, négatifs, et zéro.
…, −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, …
ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ
𝔻
Décimaux
Nombres à écriture décimale finie : de la forme p/10n, avec p ∈ ℤ, n ∈ ℕ.
0,1 ; 1,25 ; −3,5 ; 0,001
𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ  ·  ⅓ ∉ 𝔻
Rationnels
Tout nombre écrivable comme fraction p/q, avec p ∈ ℤ, q ∈ ℤ*. Développement décimal périodique.
½, −¾, ⅓ = 0,333…, 2/7
ℚ ⊂ ℝ  ·  √2 ∉ ℚ
ℝ∖ℚ
Irrationnels
Réels non rationnels, à développement décimal infini non périodique.
π ≈ 3,14159…, √2 ≈ 1,41421…, e
ℝ∖ℚ ⊂ ℝ
Genèse

Une histoire de 5 000 ans

Les ensembles de nombres n'ont pas été inventés d'un coup. Chaque civilisation a étendu le champ du possible — et les lettres qui les désignent racontent elles-mêmes cette histoire.

~ 3000 av. J.-C.
Les premiers nombres — compter

Les Sumériens et les Égyptiens utilisent des systèmes de numération pour compter les récoltes et mesurer les terres. Ces nombres naturels sont nés du besoin concret de dénombrer. Le symbole vient de l'italien, proposé par Giuseppe Peano (1858–1932) : « Naturale » = naturel en italien.

628 ap. J.-C.
0
L'invention du zéro

Le mathématicien indien Brahmagupta est le premier à traiter le zéro comme un nombre à part entière, avec ses propres règles de calcul. Une révolution conceptuelle que l'Europe n'adoptera que des siècles plus tard. Sans lui, pas de position décimale, pas d'informatique.

XIXème siècle
Les entiers relatifs et le Z de Dedekind

Les nombres négatifs sont utilisés depuis longtemps (dettes, températures), mais c'est l'allemand Richard Dedekind (1831–1916) qui formalise et baptise cet ensemble. Le symbole vient de l'allemand : « Zahlen » = compter. Dedekind est aussi l'auteur de la première construction rigoureuse des réels.

1585
𝔻
La virgule décimale — Simon Stevin

Le Flamand Simon Stevin publie La Disme, premier traité systématique sur les fractions décimales. Il propose d'écrire 3,14 là où on écrivait encore 3 + 1/10 + 4/100. Cette notation simplifie les calculs de commerce et d'astronomie — et donne naissance à l'ensemble 𝔻 des nombres à écriture décimale finie.

~ 500 av. J.-C. & XIXe s.
Les rationnels et le Q de Peano

Les Grecs anciens croyaient que tout nombre est un rapport de deux entiers. Le mot rationnel vient de ratio (rapport). C'est encore Giuseppe Peano (1858–1932) qui choisit la lettre — de l'italien « Quotiente » = quotient. ℚ contient aussi les nombres périodiques comme 24,3171717…

~ 450 av. J.-C.
√2
Le scandale de l'irrationnel

Le pythagoricien Hippase de Métaponte démontre que √2 ne peut pas s'écrire comme une fraction. Selon la légende, il fut noyé pour avoir révélé ce secret qui brisait la vision du monde de l'école de Pythagore. Ce fut la première preuve d'existence de nombres irrationnels.

1872 — 1845–1918
La naissance de ℝ — Georg Cantor

C'est l'allemand Georg Cantor (1845–1918) qui baptise l'ensemble des réels. Le symbole vient de l'allemand « Real » = réel. Cantor et Dedekind construisent simultanément en 1872 une définition rigoureuse de ℝ, comblant les « trous » de la droite laissés par les irrationnels.

1939 — Bourbaki
L'ensemble vide et la lettre norvégienne

La notation pour l'ensemble vide est due au mathématicien français André Weil (1906–1998), membre du célèbre groupe Bourbaki. Il emprunte la lettre Ø de l'alphabet norvégien — un choix un peu espiègle pour désigner… l'absence totale de contenu.